Volleyeur semi-professionnel, entraîneur de haut niveau, analyseur des réseaux d’eaux en congés parental et producteur de miel promouvant la protection de la biodiversité depuis 6 ans : Sébastien est un jeune apiculteur au parcours plutôt atypique dirais-je! Ces mille et une casquettes m’interpellent et attisent ma curiosité!

Pourrais tu nous décrire tes activités labellisées « production saine et responsable » ?
L’aventure a débuté il y a quelques années avec l’installation d’une dizaine de ruches, placées sur mon terrain à Gommecourt où je réside avec ma petite famille. Une rencontre à l’AMAP de Gasny avec un éleveur de brebis a donné une toute autre dimension à cette passion. En effet, il m’a proposé de déposer mon rucher dans son pré situé à Cravent, une petite commune avoisinante. De là est né le concept d’un financement participatif afin d’acquérir 25 autres ruches ; l’idée a séduit, mon intention a été portée! En plus, j’anime régulièrement des ateliers dans les écoles afin de sensibiliser les enfants, dès leur plus jeune âge au rôle primordial de l’abeille dans l’environnement. D’avril à août j’organise des visites pédagogiques de mes ruches, suivies d’une dégustation de mon miel. Ces découvertes en petits groupes destinées aux particuliers, leurs permettent de se familiariser avec cet univers encore trop méconnu du grand public. Parallèlement je réfléchis à la mise en place d’un projet professionnel afin de transmettre mes compétences, en accompagnant les personnes désireuses de « manger le fruit de leur travail », ce qui se traduirait par la maitrise de ruches, d’un poulailler et d’un potager.

Les valeurs des Amis du Chaudron reposent sur l’accès à une alimentation de qualité respectueuse de l’environnement et des producteurs. Comment respectes-tu à ces valeurs au quotidien ?
Je produis un miel toutes fleurs récolté au printemps et en été. Mes 35 ruches produisent au maximum 600 kg de miel qui est proposé aux AMAP de Versailles, Freneuse, Gasny ainsi qu’à présent aux Amis du Chaudron! Mon rucher est implanté dans un pré où l’éleveur de brebis travaille en agriculture biologique. Mon futur terrain, nécessaire pour l’extension de mes ruches, est cultivé par un maraîcher bio. Je ne pratique que d’infimes traitements sur mes abeilles. Face au Varroa par exemple, ce parasite redouté par tous les apiculteurs, je ne procède à aucune cure préventive. Quant au recyclage du verre, la consigne est de ramener le pot vide. Ce dernier sera stérilisé et réutilisé lors des prochains conditionnements. De plus, je suis attentif au bien-être de mes pensionnaires. Je récolte mon miel assez tôt dans la saison afin que mes abeilles disposent du temps nécessaire pour faire leur réserve, ce qui me dispense de les nourrir ultérieurement.

Pour terminer cet entretien, Sébastien, que fais-tu concrètement pour protéger la nature et la biodiversité dans ton travail ?
Mon miel est un miel dit géographique. J’ai sensibilisé les Craventaises et les Craventais au fait que mes abeilles butinent toutes les fleurs présentent dans leur environnement, ils sont donc très impliqués quant aux soins qu’ils apportent à ces dernières. Ce n’est plus tout à fait le miel de Sébastien mais bel et bien leur miel de Cravent, qu’ils défendent à travers un comportement responsable! À l’inverse, pour un miel monofloral les ruches doivent être déplacées par camions après la floraison de chaque espèce. Pas de transhumance pour mes abeilles!

Merci Sébastien pour ce moment de partage, il nous a permis d’entendre ta passion et aura sûrement incité beaucoup d’entre nous à envisager aux beaux jours, de pousser la balade jusqu’à Gommecourt!
Propos recueillis pas Elisabeth Calmels